Que penser de l'économiste Jean Tirole?

Page 4 sur 4 Précédent  1, 2, 3, 4

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Re: Que penser de l'économiste Jean Tirole?

Message par georges lane le Mer 26 Sep 2007, 15:37

Rantanplan a écrit :
Il vaut mieux parler d'"irresponsabilité institutionnelle" : parce que l'étatisme ne déplace pas la responsabilité, il la détruit.

Très juste. app

Pour compléter Bastiat, je pense qu'il faut donc écrire que la règlementation du contrat "déplace la responsabilité" des parties contractantes et la fait passer aux institutions, lesquelles ne sauraient être responsables de quoi que ce soit pour les raisons avancées par Mises. What a Face

Il y a "évanouissement" ou "anéantissement" - pour ne pas écrire "destruction" - de la responsabilité individuelle, la seule qui existe dans la réalité car seul un individu possède une raison et car ne saurait exister une raison collective.

Pour résumer cela et seulement pour résumer, et pour en revenir à Jean Tirole, il me semble qu'on pourrait construire un modèle topologique, géométrique ou autre, - par opposition à modèle non topologique - qui ferait passer du contrat convenu entre personnes responsables au néant chapeauté par l'irresponsablité du législateur ironic .

Le néant chapeauté par l'irresponsabilité du législateur ou du réglementeur a été évoqué implicitement par Rueff au début de la décennie 1970, à l'occasion de la création d'une prétendue monnaie internationale, les DTS ("droits de tirages spéciaux" des pays membres du Fonds monétaire international - FMI - sur icelui).
Notre Jacques qualifiait ces "DTS" de "néant habillé en monnaie" app

vivefl

georges lane
Habitué

Nombre de messages: 164
Date d'inscription: 25/02/2007

http://blog.georgeslane.fr/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Que penser de l'économiste Jean Tirole?

Message par Rantanplan le Mer 26 Sep 2007, 16:28

Il y a "évanouissement" ou "anéantissement" - pour ne pas écrire "destruction" - de la responsabilité individuelle, la seule qui existe dans la réalité car seul un individu possède une raison et car ne saurait exister une raison collective.

C'est l'illusion à laquelle s'accrochaient les Juppé et consorts en matière de Sécurité sociale cannette que de croire que la "régulation par l'état" pourrait mettre de la "discipline " là où la "gestion paritaire" a bien entendu toujours échoué à "réguler" quoi que ce soit noyé.
Bien entendu, une "décision publique" ne peut jamais être responsable, puisque c'est sa définition que de pouvoir forcer les autres colere à en subir les conséquences à la place du décideur chaise .
C'est pourquoi il ne peut pas y avoir de "régulation par l'état" , mais seulement un désordre imposé par les hommes de l'état.boulet

C'est entre autres un des sophismes majeurs maboule des "théoriciens de la régulation" que de faire comme s'il était indifférent que le "régulateur" soit effectivement responsable ou pas c'est-à-dire subisse ou non les conséquences de ses actes : encore une fois les "économistes" mathématiciens ne tiennent aucun compte les droits de propriété dont ils avaient pourtant postulé l'existence au départ de leurs modèles dingo .
Chez eux, le Droit de propriété est l'exemple suprême du concept volé pirat : une notion dont ils se servent parce que sans elle ils ne pourraient même pas mettre en forme les "programmes d'optimisation" qu'ils attribuent aux gens, mais dont, au prix de contradictions manifestes et souvent désastreuses, tout le reste de leur discours nie implicitement non seulement les conséquences -- la condamnation par hypothèse de toute intervention de l'état -- mais encore les fondements dans l'ordre naturel : la capacité de l'homme à créer de l'information, pour réduire son ignorance.

on pourrait construire un modèle topologique, géométrique ou autre - par opposition à modèle non topologique - qui ferait passer du contrat convenu entre personnes responsables au néant chapeauté par l'irresponsablité du législateur
Le jour où les "économistes" mathématiciens se décideront à mettre en forme la spoliation légale, on pourra prendre des paris pour savoir s'ils découvrent ou non la Loi de Bitur-Camember.contentmauve
Comme ça implique de transformer les Droits de propriété en variables aléatoires (d'incertitude "déterministe" parce qu'ils ne savent pas faire autrement), je parie qu'ils seront tellement fiers d'avoir introduit cette complication supplémentaire qu'ils passeront à côté de l'équilibre final en matière de redistribution et peut-être même des coûts de recherche du butin rambo .


Dernière édition par le Mer 26 Sep 2007, 19:46, édité 7 fois

Rantanplan
Bavard

Nombre de messages: 1307
Réputation: 21
Date d'inscription: 25/01/2007

Revenir en haut Aller en bas

Re: Que penser de l'économiste Jean Tirole?

Message par georges lane le Mer 26 Sep 2007, 18:17

Rantanplan a écrit :
Le jour où les "économistes" mathématiciens se décideront à mettre en forme la spoliation légale, on pourra prendre des paris pour savoir s'ils découvrent ou non la Loi de Bitur-Camember.

Pour que les économistes mathématiciens mettent en forme mathématique la spoliation légale, il faudrait qu'ils soient d'abord sensibles aux règles de droit, i.e., en fait, aux effets de celles-ci sur les conditions de décisions des êtres humains.
Hayek, entre autres, a montré que les règles de droit contribuaient à réduire l'ignorance spécifique de chaque être humain, non pas l'incertitude déterministe à quoi s'attachent les mathématiciens.
L'incertitude déterministe ne saurait être réduite par des règles de droit tandis que l'ignorance l'est non pas à un niveau donné mais un "espace" donné qui exclut toute mesure.
La spoliation témoigne à la fois de l'ignorance réduite mais pas nulle, loin de là, mais encore que les règles de droit "ne s'autoprotègent pas", que leur application n'a pas nécessairement l'effet protecteur qu'on leur prête puisqu'en particulier, elles peuvent ne pas être respectées.

respect


Dernière édition par le Mer 26 Sep 2007, 21:18, édité 1 fois

georges lane
Habitué

Nombre de messages: 164
Réputation: 3
Date d'inscription: 25/02/2007

http://blog.georgeslane.fr/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Que penser de l'économiste Jean Tirole?

Message par georges lane le Mer 26 Sep 2007, 18:33

Rantanplan a écrit :
"... une "décision publique" ne peut jamais être responsable, puisque c'est sa définition que de pouvoir forcer les autres à en subir les conséquences à la place du décideur .
C'est pourquoi il ne peut pas y avoir de "régulation par l'état" , mais seulement un désordre imposé par les hommes de l'état".

A ce propos de la régulation par les hommes de l'Etat, je renverrai à la thèse de François Guillaumat. La thèse soulève, en particulier, deux questions de méthode :

Question 1 : Peut-on étudier scientifiquement les conséquences ou résultats de la pensée et de l'action des hommes à partir de postulats qui excluent cette pensée et cette action ? François Guillaumat montre que c'est précisément la prétention de l'approche conventionnelle des structures industrielles. Suivant en cela Ludwig von Mises (1960 ou 1961, entre autres), François Guillaumat répond, lui, par la négative et il explique sa réponse en démontant et critiquant l'approche conventionnelle et la réponse affirmative qu'elle donne.

Question 2 : Peut-on réfuter des conclusions de l'économie politique (en particulier l'économie industrielle) à partir de "valeurs", de "normes éthiques", de "jugements de valeur" (pp.204 et suivantes) ? Comme le rappelle François Guillaumat c'est ce que Ludwig von Mises refuse de faire. En d'autres termes, Mises répond par la négative à cette seconde question; il considère qu'il faut seulement faire un raisonnement discursif, si on n'est pas d'accord. Toute autre approche est arbitraire et relève d'"émotions subjectives". Suivant en cela Polanyi, Rothbard, Ayn Rand, de Jasay et Hoppe (entre autres) et faisant une remarquable synthèse de leurs positions, François Guillaumat répond par l'affirmative à cette seconde question. Il explique sa réponse et il réduit à néant l'économie industrielle: les jugements de valeur sont rationnels, les valeurs, les normes éthiques ne sont pas arbitraires (p.221), mais nécessaires à l'existence de la science, et nécessaires pour son sens. Parmi ces normes, il y a un parti pris politique déterminé et absolu, un principe de justice : celui de la propriété naturelle qui est la justice elle-même (p.222)

Il faut donc voir que non seulement la propriété naturelle contribue à réduire l'ignorance de l'être humain à un "espace", susceptible lui-même d'autres réductions, mais encore elle renferme la justice et est, à ce titre, moral.

Limiter la propriété à ce qui enveloppe une chose et à son titulaire - comme le fait l'économie mathématique dans le meilleur des cas - dénature ce qu'elle est.

respect

georges lane
Habitué

Nombre de messages: 164
Réputation: 3
Date d'inscription: 25/02/2007

http://blog.georgeslane.fr/

Revenir en haut Aller en bas

Page 4 sur 4 Précédent  1, 2, 3, 4

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum