Que penser de l'économiste Jean Tirole?
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Que penser de l'économiste Jean Tirole?
La médaille d'or 2007 du CNRS a été décernée hier à l'économiste Jean Tirole. Portrait d'un chercheur de renommée mondiale.
DANS LE CV de Jean Tirole, on compte déjà 18 distinctions : docteur honoris causa d'au moins trois universités, plusieurs prix prestigieux, chevalier de la Légion d'honneur... La médaille d'or du CNRS qui vient de lui être décernée n'en fera pas moins rougir de plaisir et de gêne cet homme très modeste. Elle distingue un seul chercheur chaque année, toutes disciplines confondues. Depuis 1954, l'économie n'a été primée qu'une seule fois, en la personne de Maurice Allais. C'était en 1978. Dix ans plus tard, il recevait le prix Nobel.
Cette distinction n'étonne personne parmi les économistes. Pour tous, Jean Tirole, polytechnicien, ingénieur des Ponts, deux fois docteur (Dauphine et MIT), est un « chercheur exceptionnel ». Sourire timide, l'air éternellement adolescent, ce père de trois enfants, âgé de 54 ans, reste toutefois très discret et s'excuserait presque d'abuser de votre temps en répondant à vos questions. Mais dès qu'il se met au travail, il impressionne. « Je peux réfléchir intensément sur un problème pendant une demi-heure, explique Olivier Blanchard, professeur au MIT. Jean, lui, peut tourner à plein régime pendant dix heures. » « Au MIT, il a la réputation d'avoir été un des plus brillants élèves », témoigne Jacques Delpla, membre du Conseil d'analyse économique. « À lui seul, il publie autant que le sixième département d'économie d'Europe », s'extasie Emilio Calvano, un brillant doctorant italien, qui en a fait son maître. Travailler avec lui est un passeport de choix pour entrer dans les meilleures universités.
La nostalgie du MIT
La réputation de Jean Tirole est plus grande à l'étranger qu'en France. Il a travaillé longtemps au Massachusetts Institute of Technology, à Boston, où il enseigne toujours. « J'adore cet endroit », confie-t-il souvent, nostalgique. L'un de ses livres les plus célèbres, The theory of industrial organization (analyse des comportements stratégiques des acteurs économiques en fonction des structures de marché), publié en anglais, est traduit en six langues, dont le japonais, le chinois et le russe. « Ce n'est pas un manuel dans lequel il aurait compilé les recherches existantes : la moitié de la recherche dans ce domaine vient de lui ! », affirme Olivier Blanchard. Si ses autres ouvrages sont loin d'être tous édités en français, la plupart sont déjà traduits... en chinois !
En fondant la « nouvelle économie industrielle » et en s'appuyant sur les développements de la théorie des jeux, Jean Tirole a permis aux économistes de mieux comprendre les stratégies d'entreprise et aidé à concevoir le droit de la concurrence et la régulation des industries de réseaux (télécommunications, électricité...). Mais le champ de recherche de Jean Tirole est beaucoup plus vaste que cela : il s'intéresse aussi à la finance (finance d'entreprise, marchés ou supervision bancaire), à la réforme du marché du travail (sur laquelle il a coécrit un rapport du Conseil d'analyse économique avec Olivier Blanchard), à la théorie des organisations et à la psychologie. Il suit même de près le développement des neurosciences, qui permettra peut-être un jour d'expliquer les décisions

Blondin- Régulier
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Re: Que penser de l'économiste Jean Tirole?
Je ne le connais pas, mais il a l'air d'avoir un beau CV de matheux qui trempe dans l'économie (un peu comme Maurice Allais, ça doit être une spécialité française). Il semble être un libéral modéré (pas un libertarien comme on les aime, mais nul n'est parfait) si j'en crois l'article suivant: http://idei.fr/doc/exp/2007-06.pdf
Son CV : http://idei.fr/vitae.php?i=3
Son CV : http://idei.fr/vitae.php?i=3
Re: Que penser de l'économiste Jean Tirole?
Merci Laure pour vos liens. Il m'était inconnu jusqu'à cet article du Figaro. Mon cercle d'économistes français se limite à ceux de l'Aleps et à ses sympatisants 

Blondin- Régulier
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Re: Que penser de l'économiste Jean Tirole?
Je connais ce nom depuis les années 1980, à cause d'un article de The Economist.
A priori, s'il croit qu'on aurait besoin d'un "droit" spécifique de la concurrence, alors il ne comprend pas la question : le Droit de propriété est nécessaire et suffisant.
Faisons le pari que l'auteur en question a déployé toute sa maîtrise et son ingéniosité dans le cadre de postulats de l'économie mathématique dont tout le monde peut savoir, et dont la plupart de ceux qui s'en servent reconnaissent, qu'ils sont faux, de sorte qu'il aurait rajouté une couche au charlatanisme officiel plutôt que de servir la vérité.
Georges Lane, qui supporte mieux de lire ce genre de littérature, en sait sûrement davantage là-dessus.
En effet, ce qui est à craindre de tout "économiste" mathématicien, c'est qu'il méconnaisse les impossibilités absolues dont la plupart de ses "modèles" font comme si elles n'existaient pas sous prétexte qu'"autrement on ne pourrait pas raisonner" et dont Murray Rothbard, parce que lui sait très bien raisonner "autrement", est le seul à avoir tiré les conséquences.
Ces impossibilités absolues tiennent au fait que les jugements qui donnent leur valeur aux objets de l'action en économie sont des actes de la pensée, qu'on ne peut évidemment pas mesurer ni comparer, et qui ne peuvent jamais se connaître qu'indirectement que par le truchement des actes volontaires que ces jugements de valeur inspirent.
Or, les "modèles" des économistes mathématiciens représentent au contraire les jugements de valeur comme des "fonctions" ou des graphes qui les habituent à les traiter comme si elles pouvaient se connaître a priori, voire se mesurer : précisément ce qui est impossible.
Cela les habitue à raisonner sur les préférences, dont ils admettent qu'elles sont le critère de la production, comme si des observateurs extérieurs pouvaient les connaître mieux que ceux qui les ont réellement, et de ce fait les "forcer à s'y conformer", ce qui est évidemment la porte ouverte à l'arbitraire, arbitraire aussi antiscientifique qu'il fait l'affaire des puissants.
De ce fait, les recommandations de politique économique inspirées par l'économie mathématique impliquent généralement au moins deux contradictions liées, dont chacune suffit à les disqualifier intellectuellement :
Qu'on ne tienne aucun compte de ces réfutations montre bien à quoi sert l'"économie" mathématique : étant un exercice intellectuel dont le rapport avec la réalité est soit incertain soit controuvé, c'est une pseudo-science que les hommes de pouvoir entretiennent de leur argent volé pour servir de paravent à leur arbitraire.
Sur le caractère sophistique
et vain
de l'économie mathématique, on peut aussi lire Cachanosky.
A priori, s'il croit qu'on aurait besoin d'un "droit" spécifique de la concurrence, alors il ne comprend pas la question : le Droit de propriété est nécessaire et suffisant.
Faisons le pari que l'auteur en question a déployé toute sa maîtrise et son ingéniosité dans le cadre de postulats de l'économie mathématique dont tout le monde peut savoir, et dont la plupart de ceux qui s'en servent reconnaissent, qu'ils sont faux, de sorte qu'il aurait rajouté une couche au charlatanisme officiel plutôt que de servir la vérité.
Georges Lane, qui supporte mieux de lire ce genre de littérature, en sait sûrement davantage là-dessus.
En effet, ce qui est à craindre de tout "économiste" mathématicien, c'est qu'il méconnaisse les impossibilités absolues dont la plupart de ses "modèles" font comme si elles n'existaient pas sous prétexte qu'"autrement on ne pourrait pas raisonner" et dont Murray Rothbard, parce que lui sait très bien raisonner "autrement", est le seul à avoir tiré les conséquences.
Ces impossibilités absolues tiennent au fait que les jugements qui donnent leur valeur aux objets de l'action en économie sont des actes de la pensée, qu'on ne peut évidemment pas mesurer ni comparer, et qui ne peuvent jamais se connaître qu'indirectement que par le truchement des actes volontaires que ces jugements de valeur inspirent.
Or, les "modèles" des économistes mathématiciens représentent au contraire les jugements de valeur comme des "fonctions" ou des graphes qui les habituent à les traiter comme si elles pouvaient se connaître a priori, voire se mesurer : précisément ce qui est impossible.
Cela les habitue à raisonner sur les préférences, dont ils admettent qu'elles sont le critère de la production, comme si des observateurs extérieurs pouvaient les connaître mieux que ceux qui les ont réellement, et de ce fait les "forcer à s'y conformer", ce qui est évidemment la porte ouverte à l'arbitraire, arbitraire aussi antiscientifique qu'il fait l'affaire des puissants.
De ce fait, les recommandations de politique économique inspirées par l'économie mathématique impliquent généralement au moins deux contradictions liées, dont chacune suffit à les disqualifier intellectuellement :
- - la première consiste à prétendre s'autoriser de l'"optimum de Pareto" alors que, comme Rothbard l'a rappelé, par définition toute intervention de l'Etat viole directement le critère de Pareto. Celui-ci avait élaboré son critère pour tenir compte de l'impossibilité de comparer les jugements de valeur entre les personnes ; or, l'intervention de l'Etat viole nécessairement le consentement d'au moins une personne, de sorte qu'on ne pourrait dire qu'elle améliore la production que si on pouvait "comparer" et "soustraire" les jugements de valeur entre les personnes : ce qui est, justement, impossible.
- La deuxième consiste à traiter les droits de propriété à la fois comme s'ils existaient et comme s'ils n'existaient pas.
Comme s'ils existaient, parce qu'on ne pourrait pas définir des modèles d'"optimisation" si on ne les postulait pas au départ, comme s'ils n'existaient pas parce que toute intervention de l'Etat les viole par définition.
Qu'on ne tienne aucun compte de ces réfutations montre bien à quoi sert l'"économie" mathématique : étant un exercice intellectuel dont le rapport avec la réalité est soit incertain soit controuvé, c'est une pseudo-science que les hommes de pouvoir entretiennent de leur argent volé pour servir de paravent à leur arbitraire.
Sur le caractère sophistique
et vain
de l'économie mathématique, on peut aussi lire Cachanosky.
Rantanplan- Bavard
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Re: Que penser de l'économiste Jean Tirole?
Rantanplan a écrit:A priori, s'il croit qu'on aurait besoin d'un "droit" spécifique de la concurrence, alors il ne comprend pas la question : le Droit de propriété est nécessaire et suffisant.
.
Ce n'était pas l'avis du gaullo-libéral Rueff, lequel préconisait le marché institutionnel versus le marché manchestérien.

OCB- Factieux hdliste
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Date d'inscription: 22/01/2007
Re: Que penser de l'économiste Jean Tirole?
La rage anti-maths de rantanpaln résulterait-elle d'un humiliant refus de candidature chez un hedge fund ?
Là où la pointure c'est minimum X ou ENS. Là où nos ingénieurs français leur ont fait gagner des centaines de milliards de dollars...
On notera aussi que le grand Gauss a gagné des sommes colossales en bourse.
Là où la pointure c'est minimum X ou ENS. Là où nos ingénieurs français leur ont fait gagner des centaines de milliards de dollars...
On notera aussi que le grand Gauss a gagné des sommes colossales en bourse.

OCB- Factieux hdliste
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Date d'inscription: 22/01/2007
Re: Que penser de l'économiste Jean Tirole?
Que penser ?
1°) Voici d'abord les quinze dernières médailles d'or :
1988 Philippe Nozières (physique)
1989 Michel Jouvet (biologie)
1990 Marc Julia (chimie)
1991 Jacques Le Goff (histoire)
1992 Jean-Pierre Changeux (neurobiologie)
1993 Pierre Bourdieu (sociologie)
1994 Claude Allègre (physique du globe)
1995 Claude Hagège (linguistique)
1996 Claude Cohen-Tannoudji (physique) (prix Nobel de physique 1997)
1997 Jean Rouxel (chimiste) (chimie)
1998 Pierre Potier (chimie)
1999 Jean-Claude Risset (informatique musicale)
2000 Michel Lazdunski (biochimie)
2001 Maurice Godelier (anthropologie)
2002 Claude Lorius et Jean Jouzel (climatologie)
2003 Albert Fert (physique)
2004 Alain Connes (mathématiques) (médaille Fields 1982)
2005 Alain Aspect (physique quantique)
2006 Jacques Stern (cryptologie)
Belle compote !
Entre autres, Godelier, Bourdieu médailles d'or ! Le monopole distribuerait-il parfois comme prébende une médaille d'or ?
En passant, je vous renvoie à un commentaire de Jean Philippe Feldman qui paraîtra dans le prochain Liberté économique et progrès social de l'aleps (octobre 2007) à propos d'un livre de l'actuelle directrice du CNRS...
2°) J.T. a beaucoup travaillé avec J.J. Laffont et dans l'esprit de celui-ci que j'ai croisé.
En effet, j'ai eu l'occasion d'avoir J.J. Laffont comme professeur en"théorie de la croissance". Je l'aimais bien jusqu'à ce qu'il sorte son livre intitulé Cours de théorie microéconomique, volume 2 : Economie de l'incertain et de l'information, Economica, 1985. Entretemps, je l'avais perdu de vue.
Ce volume 2 est un condensé de la déformation qu'on peut faire subir à la question de l'ignorance et de l'incertitude non déterministe, et à celle de ses applications (marché de l'assurance, marchés financiers), tout cela pour choisir des domaines des mathématiques pour formaliser les questions.
J'y opposerai la démarche non formalisée des "économistes autrichiens", en particulier celle de Hoppe.
En passant, je ne saurais trop conseiller la lecture d'un livre de Donald O'Shea (2007) intitulé Grigori Perelman face à la conjecture de Poincaré, Dunod, Paris. Il contient en particulier une description des axiomes de base des géométries euclidienne et non euclidiennes et du pourquoi les axiomes non euclidiens (Lobatchevsky et Riemann) très bien faite. Il établit aussi une filiation entre Riemann, Poincaré et Perelman très intéressante, à mille lieues des formalisations résiduelles des "économistes" mathématiciens.
3°) J.T. a reçu en juin le "Prix Risques-les Echos" pour son livre Theory of Corporate Finance . En quoi consiste le livre ?
Je laisse la parole à F. Ewald :
Cher lecteur, je vous laisse le soin d'apprécier.
Pour ma part, je dirai seulement qu'il n'y a pas de "nouveaux risques". Il y a une réduction de l'ignorance spécifique de chaque être humain - au fur et à mesure de son action - plus ou moins importante que certains interprêtent et formalisent en tant que "nouveaux risques" - sans juger bon de justifier bien sûr la méthode de formalisation employée, comme si elle s'imposait -.

1°) Voici d'abord les quinze dernières médailles d'or :
1988 Philippe Nozières (physique)
1989 Michel Jouvet (biologie)
1990 Marc Julia (chimie)
1991 Jacques Le Goff (histoire)
1992 Jean-Pierre Changeux (neurobiologie)
1993 Pierre Bourdieu (sociologie)
1994 Claude Allègre (physique du globe)
1995 Claude Hagège (linguistique)
1996 Claude Cohen-Tannoudji (physique) (prix Nobel de physique 1997)
1997 Jean Rouxel (chimiste) (chimie)
1998 Pierre Potier (chimie)
1999 Jean-Claude Risset (informatique musicale)
2000 Michel Lazdunski (biochimie)
2001 Maurice Godelier (anthropologie)
2002 Claude Lorius et Jean Jouzel (climatologie)
2003 Albert Fert (physique)
2004 Alain Connes (mathématiques) (médaille Fields 1982)
2005 Alain Aspect (physique quantique)
2006 Jacques Stern (cryptologie)
Belle compote !
Entre autres, Godelier, Bourdieu médailles d'or ! Le monopole distribuerait-il parfois comme prébende une médaille d'or ?
En passant, je vous renvoie à un commentaire de Jean Philippe Feldman qui paraîtra dans le prochain Liberté économique et progrès social de l'aleps (octobre 2007) à propos d'un livre de l'actuelle directrice du CNRS...
2°) J.T. a beaucoup travaillé avec J.J. Laffont et dans l'esprit de celui-ci que j'ai croisé.
En effet, j'ai eu l'occasion d'avoir J.J. Laffont comme professeur en"théorie de la croissance". Je l'aimais bien jusqu'à ce qu'il sorte son livre intitulé Cours de théorie microéconomique, volume 2 : Economie de l'incertain et de l'information, Economica, 1985. Entretemps, je l'avais perdu de vue.
Ce volume 2 est un condensé de la déformation qu'on peut faire subir à la question de l'ignorance et de l'incertitude non déterministe, et à celle de ses applications (marché de l'assurance, marchés financiers), tout cela pour choisir des domaines des mathématiques pour formaliser les questions.
J'y opposerai la démarche non formalisée des "économistes autrichiens", en particulier celle de Hoppe.
En passant, je ne saurais trop conseiller la lecture d'un livre de Donald O'Shea (2007) intitulé Grigori Perelman face à la conjecture de Poincaré, Dunod, Paris. Il contient en particulier une description des axiomes de base des géométries euclidienne et non euclidiennes et du pourquoi les axiomes non euclidiens (Lobatchevsky et Riemann) très bien faite. Il établit aussi une filiation entre Riemann, Poincaré et Perelman très intéressante, à mille lieues des formalisations résiduelles des "économistes" mathématiciens.
3°) J.T. a reçu en juin le "Prix Risques-les Echos" pour son livre Theory of Corporate Finance . En quoi consiste le livre ?
Je laisse la parole à F. Ewald :
Theory of Corporate Finance étend les catégories fondamentales de la théorie du risque, c’est-à-dire des comportements en situation d’incertitude et d’information imparfaite aux problèmes fondamentaux de financement des entreprises, c’est-à-dire à la relation entre investisseurs (et types d’investissements) et management des entreprises.
Ces questions ont pris, dans le cadre des transformations du capitalisme qu’on appelle « mondialisation »- qui désigne d’abord de nouveaux modes de financement de l’économie – une importance particulière sous le nom de « gouvernance ».
Theory of Corporate finance propose la théorie économique des questions de gouvernance, dans le double aspect où elles ont marqué l’actualité des 20 dernières années :
celle de la gouvernance des entreprises espérée par l’investisseur contemporain – celle qui sera la plus productrice de valeur – mais aussi
celle des scandales Enron et Wordlcom, avec les réformes brutales de gouvernance qu’ils ont provoquées.
Theory of Corporate Finance nous [jury du prix] a paru valoir le "Prix Risques-les Echos" en raison de l’ampleur et de la précision d’un propos qui montre comment la théorie économique peut traiter, formaliser le domaine qu’on désigne aujourd’hui comme celui de « l’éthique », et qui propose pour cela une du pouvoir, plus exactement des relations de pouvoir, non pas tant dans l’entreprise – c’est la théorie du management – que dans la relation entre l’entreprise et ceux qui la financent (et sans laquelle elle n’existerait pas).
Vous pouvez vous demander où est le risque dans tout cela ?
Il est présent à plusieurs niveaux.
Précisément le domaine de « l’éthique » s’est isolé depuis quelques années comme celui de « nouveaux risques », déterminants quant à la valorisation des entreprises et aux comportements des investisseurs.
Et plus profondément, la question abordée est celle de la confiance, le plus grand risque qu’une économie de marché puisse affronter.
Au fond, quand nous avons pris l’habitude de penser que le risque était dans les choses, dans l’adversité des choses, dans les dangers qu’elle recèlerait, dans l’objectivité des comportements erratiques des marchés, Jean Tirole nous rappelle qu’il n’y a de risque que d’hommes, dans le comportement des hommes, dans leur subjectivité, dans leurs relations.
Les théories du pouvoir ou de la gouvernance, en politique comme en économie, ne sont qu’autant de tentatives pour le réduire, le maîtriser, le canaliser, l’utiliser, l’optimiser. N’est-ce pas déjà ce qu’enseignaient les pères de la théorie moderne du risque Von Neumann et Morgerstern en prenant pour modèle de la théorie du risque la théorie des jeux ?
Le travail de Jean Tirole a deux grandes conséquences, théorique et pratique.
Théoriquement : comment penser les relations de pouvoir ?
Vous savez que cette question des relations de pouvoir a été remise à l’agenda politique dans les années 70, la manière dont le pouvoir s’exerce. Ce qui rend si mystérieux, si difficile, si risqué – c’est que le pouvoir - conduire la conduite des autres -, s’opère dans un contexte de liberté. Il ne s’agit pas d’une coercition.
Pouvoir et liberté se disent en économie : asymétrie, asymétrie d’information, hasard moral et antisélection.
Pouvoir, c’est aussi résistance au pouvoir, contre-pouvoir, concurrence, compétition pour s’approprier la valeur. Précisément comment organiser les relations de pouvoir de manière que la valeur soit produite et qu’elle soit correctement appropriée.
Comment organiser les relations de pouvoir de manière qu’elles mobilisent des libertés – c’est la source de la valeur – dans le sens le plus efficace ?
C’est précisément la question de la gouvernance.
Prise à ce niveau, la Theory de Jean Tirole – il ne nous en voudra d’associer Jean-Jacques Laffont - n’a pas seulement comme domaine de validité le financement des entreprises ; elle devrait s’exporter dans le domaine politique, fonder une nouvelle économie politique.
Pratiquement, Theory of corporate finance apporte un éclairage minutieux sur toute une série de problèmes concrets de financements et gouvernance des entreprises expliquant comment se construisent les choix d’investissements dans ces contextes de risque et d’incertitude, et donc permettant d’anticiper ce que seront les comportements relatifs des investisseurs et des managers lorsque certaines hypothèses de risque et d’incertitude se trouvent réunies.
Cher lecteur, je vous laisse le soin d'apprécier.
Pour ma part, je dirai seulement qu'il n'y a pas de "nouveaux risques". Il y a une réduction de l'ignorance spécifique de chaque être humain - au fur et à mesure de son action - plus ou moins importante que certains interprêtent et formalisent en tant que "nouveaux risques" - sans juger bon de justifier bien sûr la méthode de formalisation employée, comme si elle s'imposait -.

Dernière édition par le Sam 22 Sep 2007, 20:57, édité 1 fois
Re: Que penser de l'économiste Jean Tirole?
Le Goff ? Bon historien mais gonflé médiatiquement...
Quant à Changeux, idéologiquement correct et scientifiquement presque sans intérêt.
Je suis incapable de juger des économistes, mais eux... c'est ma boutique !
Quant à Changeux, idéologiquement correct et scientifiquement presque sans intérêt.
Je suis incapable de juger des économistes, mais eux... c'est ma boutique !
Re: Que penser de l'économiste Jean Tirole?
La rage anti-maths de rantanpaln résulterait-elle d'un humiliant refus de candidature chez un hedge fund ?
Je ne suis pas, comme vous, du genre à me prétendre compétent dans des disciplines que je n'aurais pas apprises. Il faut savoir qu'une discipline intellectuelle ça s'apprend, et que ce n'est pas parce qu'on est bon dans l'une qu'on serait automatiquement bon dans l'autre. Bien plus, comme la théorie économique, a fortiori normative, est une science morale, qui relève du raisonnement philosophique, une formation d'ingénieur ne peut y être qu'un handicap, toutes choses égales par ailleurs.
Ma réfutation de l'économie mathématique se fonde sur la connaissance de toutes les erreurs de raisonnement que celle-ci camoufle, et continue d'inspirer — et aussi de vérités que j'ai établies, et qu'elle aurait été mieux placée que moi pour découvrir, si ses praticiens étaient des gens sérieux.
Et si la vérité vous intéressait, vous auriez tenté d'argumenter sur le fond. Vous y auriez naturellement été ridicule, mais expliquer pourquoi aurait été instructif pour les autres.
Comme le démontrent Rothbard et Cachanosky, l'emploi des mathématiques en économie est limité, voire disqualifié par le Rasoir d'Occam : il n'y a pas de raison d'employer un langage artificiel pour rendre compte de faits que la langue naturelle permet parfaitement de décrire.
Et comme cette traduction se fait au prix d'un mépris de lois fondamentales de la réalité, cette singerie de la science est au contraire une démarche anti-scientifique, donnant une fausse impression de précision accrue là où elle n'ajoute au contraire que des erreurs délibérées, qui ne faussent pas toujours irrémédiablement ses conclusions — quand elles restent dans les limites d'applicabilité de l'abstraction — mais qui les faussent souvent parce que ces erreurs en inspirent d'autres, auxquelles ses adeptes demeurent aveugles.
La seule chose que pourra jamais prouver un "économiste" mathématicien, c'est dans dans quelles limites le langage mathématique peut rendre compte de faits dont la description peut entièrement s'en passer : ce qui n'est intéressant que pour les mathématiciens, pas pour les économistes.
(Pascal Salin ayant démontré que l'équation de Slutsky, seul élément de la théorie économique qu'on ne puisse pas exprimer en langage naturel, n'existe qu'au prix d'une erreur conceptuelle qui fait que cette équation ne décrit en fait aucune réalité définie).
Un économiste n'a donc aucune bonne raison de ne pas étudier l'action humaine dans les termes mêmes de la délibération qui y a conduit, de sorte que les mathématiques n'y sont admissibles que si elles font elles-mêmes partie de cette délibération : c'est-à-dire si celle-ci consiste à prendre en compte les lois de l'arithmétique ou de la statistique.
C'est pourquoi elles sont nécessaires en finance, et au contraire purement nuisibles dans le raisonnement normatif — qui ne relève que de la philosophie : un mathématicien sérieux fait de l'informatique ou de la finance, il ne perd pas son temps à jouer les économistes amateurs.
C'est aussi pourquoi ceux qui, comme les protectionnistes, ne savent pas poser un raisonnement de type arithmétique sans se tromper de signe ni se méprendre sur ses conditions d'application, sont automatiquement disqualifiés.
Après en avoir discuté avec Georges Lane, je recommande la lecture de Freedomnomics de John Lott : sans mettre en cause l'absurdité de ces postulats, il y montre la fausseté des conclusions politiques interventionnistes qui reposent sur les fausses notions de "défaillances du marché" induites par les postulats de départ impensables de l'économie mathématique.

Il le montre rien qu'en prouvant que dans la réalité observable, dans les statistiques disponibles, ces "défaillances du marché" ne se produisent pas parce que les gens, qui ne sont pas ces automates que décrit l'"économiste" mathématicien, trouvent eux-mêmes dans le Droit des contrats la solution optimale aux problèmes dont celui-ci prétend que seul l'État pourrait y remédier.
C'est notamment le cas des ces inventions sophistiques -- que l'on doit à Kenneth Arrow, l'homme qui n'a tiré aucune conséquence de son théorème d'impossibilité, et que sont :
asymétrie, asymétrie d’information, hasard moral et antisélection.
Une analyse réaliste des incitations à produire et utiliser l'information montre au contraire comment la liberté des contrats est nécessaire, et suffisante, pour faire évaporer ces prétendus "problèmes", et comment l'intervention de l'état ne peut que les perpétuer.
Par conséquent le vrai langage du "pouvoir", dans une économie plus qu'à moitié socialiste, concerne d'abord les hommes de l'état et se décline ainsi :
- "violence agressive, usurpation du pouvoir de décision, irresponsabilité institutionnelle, illusion fiscale persistante, destruction totale des richesses volées".
C'est incroyable de parler du "pouvoir" sans invoquer la violence, notamment la violence policière des hommes de l'état. Je remarque que les "économistes" mathématiciens n'ont jamais intégré la redistribution politique à leurs modèles d'"équilibre" de plus en plus prétendument "général" à mesure que le socialisme progresse, et je ne serais pas surpris de découvrir, chez ces auteurs contemporains, un passage dévoilant que ceux-ci adhèrent encore à une vision angélique de l'état ; peut-être George Lane pourrait-il se rappeler une citation révélatrice dans le livre de J. J. Laffont ?
A l'inverse, pour faire une bonne théorie économique qui réfute implicitement les fausses notions de défaillance des marchés et de régulation par l'Etat, il suffit de tirer normalement les conséquences du fait que par définition il n'y a pas de profit certain, point de départ de la théorie économique ainsi que de toute théorie financière.
Si les "économistes" mathématiciens sont mauvais, c'est dans la mesure où, contrairement à leur propos affiché, ils ne savent pas tirer ces conséquences-là.
Dernière édition par le Dim 23 Sep 2007, 01:32, édité 15 fois

Rantanplan- Bavard
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Réputation: 21
Date d'inscription: 25/01/2007
Re: Que penser de l'économiste Jean Tirole?
OCB a écrit :
C'est exact.
Et c'est une des différences qui existent entre Jacques Rueff et ses amis de la Société du Mont Pèlerin comme Ludwig von Mises ou Friedrich von Hayek.
Sur ce point, permettez de vous renvoyer à
"JACQUES RUEFF : UN LIBERAL PERDU CHEZ LES PLANISTES", un texte que j'ai commis.

Ce n'était pas l'avis du gaullo-libéral Rueff, lequel préconisait le marché institutionnel versus le marché manchestérien.
C'est exact.
Et c'est une des différences qui existent entre Jacques Rueff et ses amis de la Société du Mont Pèlerin comme Ludwig von Mises ou Friedrich von Hayek.
Sur ce point, permettez de vous renvoyer à

Re: Que penser de l'économiste Jean Tirole?
Troll à cause du troll
On a vu la capacité de certains X à gaspiller les milliards et à les faire rembourser par le contribuable.
J'espère, vieux, que tu n'es pas revenu pour régler tes comptes...Puisque tu as de la salive à baver tu ferais mieux de répondre à mes questions :
http://www.libreforum.com/Les-emissions-et-les-archives-f3/Faquen-Circus-du-03-09-2007-t870-15.htm#12844
Mais aussi : http://www.libreforum.com/Les-emissions-et-les-archives-f3/Faquen-Circus-du-03-09-2007-t870-45.htm#12951
Comme cela tu te rendrais utile.
J'ai vu que tu avais eu la LACHETE de ne pas me répondre.
Apprends à moins troller aussi. On n'est pas chez ton pote Zézen ici.
Fin du troll.
OCB a écrit:La rage anti-maths de rantanpaln résulterait-elle d'un humiliant refus de candidature chez un hedge fund ?
Là où la pointure c'est minimum X ou ENS. Là où nos ingénieurs français leur ont fait gagner des centaines de milliards de dollars...
On a vu la capacité de certains X à gaspiller les milliards et à les faire rembourser par le contribuable.
J'espère, vieux, que tu n'es pas revenu pour régler tes comptes...Puisque tu as de la salive à baver tu ferais mieux de répondre à mes questions :
http://www.libreforum.com/Les-emissions-et-les-archives-f3/Faquen-Circus-du-03-09-2007-t870-15.htm#12844
Mais aussi : http://www.libreforum.com/Les-emissions-et-les-archives-f3/Faquen-Circus-du-03-09-2007-t870-45.htm#12951
Comme cela tu te rendrais utile.
J'ai vu que tu avais eu la LACHETE de ne pas me répondre.
Apprends à moins troller aussi. On n'est pas chez ton pote Zézen ici.
Fin du troll.
Dernière édition par le Sam 22 Sep 2007, 22:02, édité 1 fois
Re: Que penser de l'économiste Jean Tirole?
Et puis il pourrait cesser d'insulter George Patton qui avait, lui, une vraie culture humaniste.
Sur l'incertitude, Hoppe a écrit : "De la certitude et de l'incertitude : quelle peut être la rationalité de nos anticipations ?"
J'y opposerai la démarche non formalisée des "économistes autrichiens", en particulier celle de Hoppe.
Sur l'incertitude, Hoppe a écrit : "De la certitude et de l'incertitude : quelle peut être la rationalité de nos anticipations ?"

Rantanplan- Bavard
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Re: Que penser de l'économiste Jean Tirole?
Rantanplan a écrit :
Le livre de Donald O'Shea (2007) intitulé Grigori Perelman face à la conjecture de Poincaré (Dunod, Paris) que j'ai évoqué dans un message précédent fait apparaître en termes littéraires que les géométries non euclidiennes résultent en définitive des difficultés qu'il y avait à lire le cinquième postulat d'Euclide.
En d'autres termes, si Euclide avait rédigé clairement son cinquième postulat dans les Eléments, peut-être les géométries non euclidiennes n'auraient elles jamais vu le jour et a fortiori les topologies algébriques, géométriques, ou autres ...
J'ajouterai que l'économiste n'a pas en capacité d'expliquer pourquoi il a choisi tel domaine des mathématiques plutôt que tel autre pour formaliser le fait qu'il a aussi choisi.
O'Shea le souligne une fois de plus, il y a une réalité mathématique à ne pas confondre avec la réalité physique.
Mais il y a aussi une réalité économique. Et celle-ci ne saurait être confondue avec les réalités mathématique ou physique (en particulier mécanique).
Elle ne saurait être confondue non plus avec l'utopie économique - son contraire logique - qui parvient parfois, sur des périodes plus ou moins longues, à la cacher plus ou moins en pratique. Ses deux moyens préférés apparaissent être la coercition de l'être humain ou l'application de tel ou tel domaine des mathématiques (théorie de la planification/programmation, théorie des jeux, théorie de la croissance optimale, etc. et, aujourd'hui, théorie de la régulation à quoi J.T. n'est pas étranger...).

Comme le démontrent Rothbard et Cachanosky, l'emploi des mathématiques en économie est limité, voire disqualifié par le Rasoir d'Occam : il n'y a pas de raison d'employer un langage artificiel pour rendre compte de faits que la langue naturelle permet parfaitement de décrire.
Le livre de Donald O'Shea (2007) intitulé Grigori Perelman face à la conjecture de Poincaré (Dunod, Paris) que j'ai évoqué dans un message précédent fait apparaître en termes littéraires que les géométries non euclidiennes résultent en définitive des difficultés qu'il y avait à lire le cinquième postulat d'Euclide.
En d'autres termes, si Euclide avait rédigé clairement son cinquième postulat dans les Eléments, peut-être les géométries non euclidiennes n'auraient elles jamais vu le jour et a fortiori les topologies algébriques, géométriques, ou autres ...
J'ajouterai que l'économiste n'a pas en capacité d'expliquer pourquoi il a choisi tel domaine des mathématiques plutôt que tel autre pour formaliser le fait qu'il a aussi choisi.
O'Shea le souligne une fois de plus, il y a une réalité mathématique à ne pas confondre avec la réalité physique.
Mais il y a aussi une réalité économique. Et celle-ci ne saurait être confondue avec les réalités mathématique ou physique (en particulier mécanique).
Elle ne saurait être confondue non plus avec l'utopie économique - son contraire logique - qui parvient parfois, sur des périodes plus ou moins longues, à la cacher plus ou moins en pratique. Ses deux moyens préférés apparaissent être la coercition de l'être humain ou l'application de tel ou tel domaine des mathématiques (théorie de la planification/programmation, théorie des jeux, théorie de la croissance optimale, etc. et, aujourd'hui, théorie de la régulation à quoi J.T. n'est pas étranger...).

Re: Que penser de l'économiste Jean Tirole?
Blondin a écrit:La médaille d'or 2007 du CNRS a été décernée hier à l'économiste Jean Tirole. Portrait d'un chercheur de renommée mondiale.
Salut Blondin
est-ce que tu peux indiquer la source stp?

IPfix- Habitué
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