Dépêche : Soirée du 23
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Re: Dépêche : Soirée du 23
Eh! quoi, cher Label Lauvret!
Vous me faites l'honneur d'un grand duché que je n'ai point, hélas! Vous remuez, l'Ami, le coutelas de chasse dans la plaie de mon ambition déçue, où d'aucuns sots, eux-mêmes sans doute envieux de mes titres, veulent voir le motif de l'humeur critique et de l'acerbe amertume qui me possèdent, et changent parfois mon encre en fiel... Certes, vous le savez, car on l'a assez dit et cancanné par les corridors de Versailles, j'attendais de Monseigneur le Régent qu'il m'élevât encore davantage dans les charges et emplois, et me donnât au moins le gouvernement d'une province. Cela ne se fit point, je dois l'avouer : à mon grand désespoir. Car j'eusse aimé honorer le nom des Saint Sermon, en le portant plus haut encore que ne firent mes ancêtres. Mais, désormais, peu me chaut; - et je préfère, connaissant l'homme qu'est notre nouveau Prince, m'honorer de sa disgrâce, plutôt que de lui devoir une faveur, méritât-elle de m'échoir!
Vous me semblez faire erreur sur la Maintenon dont j'évoquais, - horresco referens! - la disgracieuse et malveillante figure, et stigmatisais les intrigues.
Quant à vous, tout me laisse à croire que vous parlez d'une autre, certes non moins intrigante, car, au mot de "poison" qui tombe sous votre plume, je ne me puis point tromper sur la demi-sorcière dont vous convoquez l'image, tel qu'un nécroman évoquant les démones les plus hideuses d'âme et cependant séduisantes d'apparence échappées de l'Enfer des vices et de l'impudeur.
Vous avez beau désigner cette furieuse "putain à chiens", comme la nomme Madame, Princesse Baratine, et comme la décrivit naguère mon bon ami Monsieur le grand Maréchal (qui n'avait point sa langue que pour baiser le dames à pleine bouche, le vert coquin!), - vous avez beau, dis-je, la désigner sous le chattesque sobriquet de : "pomponette", elle n'en est pas moins la pire des hyènes, perfidement parée des plus trompeuses grâces du sexe, de la plus douce féminité de formes qui soient! Elle dispute d'ailleurs à l'autre les faveurs de Monseigneur... Et si l'une a titre depuis plus longtemps à se montrer à Versailles, ayant toujours possédé hôtel, équipage et mari dans la paroisse Saint Louis, Sa Grandeur-Lune vient, certes (car vous voilà bien renseigné pour un Veneur ordinaire), d'installer l'autre à proximité de lui, lui faisant don dans ce quartier du Parc-aux-Cerfs de fort mauvaise renommée, d'un pavillon orné de tous les conforts, commodités et raffinements qu'on puisse rêver... Cela, bien entendu, sur la cassette publique.
Je vous en dirai plus long, sur ce sujet, n'espérant rien vous apprendre de neuf, que vous ne sussiez d'avance, mais délecter, je l'espère, le lecteur, en lui peignant au mieux cette bataille de Dames dont dépendent aussi, plus qu'on ne pense, la raison des malheurs présents et le sort incertain de l'avenir du Royaume. Je l'intitulerai : "La guerre des favorites, ou l'hydre et la poison".
Qu'à cette heure tardive, le sommeil des justes, dont par ma foi! vous comptez au nombre, vous soit propice.
Exupère-Palamède de Saint Sermon
Vous me faites l'honneur d'un grand duché que je n'ai point, hélas! Vous remuez, l'Ami, le coutelas de chasse dans la plaie de mon ambition déçue, où d'aucuns sots, eux-mêmes sans doute envieux de mes titres, veulent voir le motif de l'humeur critique et de l'acerbe amertume qui me possèdent, et changent parfois mon encre en fiel... Certes, vous le savez, car on l'a assez dit et cancanné par les corridors de Versailles, j'attendais de Monseigneur le Régent qu'il m'élevât encore davantage dans les charges et emplois, et me donnât au moins le gouvernement d'une province. Cela ne se fit point, je dois l'avouer : à mon grand désespoir. Car j'eusse aimé honorer le nom des Saint Sermon, en le portant plus haut encore que ne firent mes ancêtres. Mais, désormais, peu me chaut; - et je préfère, connaissant l'homme qu'est notre nouveau Prince, m'honorer de sa disgrâce, plutôt que de lui devoir une faveur, méritât-elle de m'échoir!
Vous me semblez faire erreur sur la Maintenon dont j'évoquais, - horresco referens! - la disgracieuse et malveillante figure, et stigmatisais les intrigues.
Quant à vous, tout me laisse à croire que vous parlez d'une autre, certes non moins intrigante, car, au mot de "poison" qui tombe sous votre plume, je ne me puis point tromper sur la demi-sorcière dont vous convoquez l'image, tel qu'un nécroman évoquant les démones les plus hideuses d'âme et cependant séduisantes d'apparence échappées de l'Enfer des vices et de l'impudeur.
Vous avez beau désigner cette furieuse "putain à chiens", comme la nomme Madame, Princesse Baratine, et comme la décrivit naguère mon bon ami Monsieur le grand Maréchal (qui n'avait point sa langue que pour baiser le dames à pleine bouche, le vert coquin!), - vous avez beau, dis-je, la désigner sous le chattesque sobriquet de : "pomponette", elle n'en est pas moins la pire des hyènes, perfidement parée des plus trompeuses grâces du sexe, de la plus douce féminité de formes qui soient! Elle dispute d'ailleurs à l'autre les faveurs de Monseigneur... Et si l'une a titre depuis plus longtemps à se montrer à Versailles, ayant toujours possédé hôtel, équipage et mari dans la paroisse Saint Louis, Sa Grandeur-Lune vient, certes (car vous voilà bien renseigné pour un Veneur ordinaire), d'installer l'autre à proximité de lui, lui faisant don dans ce quartier du Parc-aux-Cerfs de fort mauvaise renommée, d'un pavillon orné de tous les conforts, commodités et raffinements qu'on puisse rêver... Cela, bien entendu, sur la cassette publique.
Je vous en dirai plus long, sur ce sujet, n'espérant rien vous apprendre de neuf, que vous ne sussiez d'avance, mais délecter, je l'espère, le lecteur, en lui peignant au mieux cette bataille de Dames dont dépendent aussi, plus qu'on ne pense, la raison des malheurs présents et le sort incertain de l'avenir du Royaume. Je l'intitulerai : "La guerre des favorites, ou l'hydre et la poison".
Qu'à cette heure tardive, le sommeil des justes, dont par ma foi! vous comptez au nombre, vous soit propice.
Exupère-Palamède de Saint Sermon
Duc de Saint Sermon- Intervenant
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Date d'inscription: 23/01/2007
Re: Dépêche : Soirée du 23
A sa Seigneurie Monseigneur le Grand Duc,
Sa Seigneurie me fait trop d'honneurs de bien vouloir répliquer à ces petits placets qui risquent de me valoir bien des déconvenues, à commencer par l'éradication de ma charge de Grand "petit veneur".
Enfin, en l'état bien avancé de mon parcours terrestre, je ne crains plus qu'une chose c'est que l'on m'obligeasse d'etre accompagné par mes meutes, dans mon grand périple jusqu'au péristyle des Enfers ! Cette simple idée va jusqu'à laisser couler dans mes veines une grande froideur torpide apte à provoquer toutes les fièvres purpurales.
Vous me voyez tellement marri d'apprendre que sa Sainteté Monsieur le Régent repoussa vos avances à augmenter considérablement votre Grandeur. Il est vrai qu'il craint tellement pour la sienne qu'il ne saurait tolérer que l'on porta le moindre ombrage susceptible d'affadir, ne serait-ce qu'une petite parcelle de son visage altier.
Je vous aurais pourtant bien vu en Grand Maître des Cérémonies, portant très haut la renommée de cette Maison Courtoise, aujourd'hui si menacée par tant d'afféteries, de rodomontades et d'embastillements. C'est que là-bas, on en est pas à un coup de Jarnac près !
Quant au cercle de ces dames de haute vertu, je suis pris de tremblements à l'écho de votre récit, selon lequel il n'y aurait pas une mais deux demi-sorcières, ce qui fait beaucoup pour envoûter le "Génie des Carpettes", comme vous le dites si bien ! Mais que sa Seigneurie veuille bien prendre en considération la misérable condition de votre serviteur pour lui narrer plus avant les détails de cet imbroglio qui provoque en lui des étourdissements rien qu'à l'idée de devoir dénouer ce fil d'Ariane pour arriver jusqu'à la lumière qui tue toutes les ombres et qui, si souvent elle est source de vie, peut parfois vous brûler jusqu'à noircir la couleur de votre peau et vous obliger de ce fait à passer pour un nègre à la cour des Grands, tout pomponnés eux de farine bien blanche ! C'est la raison pour laquelle je ne sors point mes chiens par jour de grand soleil et qu'ils en profitent alors, les mécréants, pour se la couler douce sur les parquets encore frais de leurs dépendances.
Enfin je ne veux trop point me mêler à des histoires de harpies, sachant d'expériences qu'il y a trop à perdre à lancer de telles créatures sur la piste du loup blanc, qu'elles n'auront de cesse de courre jusqu'à l'hallali debout.
Bientot ce sera l'heure du grand nettoyage des chenils, aussi me vois-je dans l'obligation de vous délaisser, à mon plus grand regret tellement nos échanges me semblent dignes des meilleurs des récits de ce bon Monsieur de Pourceaugnac, Marquis de Fou de Races.
Au plaisir de vous revoir Monseigneur afin de baiser cette main qui me terrasse régulièrement à ce jeu fou et tellement moderne du tric-trac (et que mon épouse, dans son éducation très terrienne) s'acharne à qualifier de tic-tac.
Mes civilités et autres suavissimes sentiments de respect à l'égard de votre Grandeur
Robert de Label Lauvray, toujours veneur en son état
Sa Seigneurie me fait trop d'honneurs de bien vouloir répliquer à ces petits placets qui risquent de me valoir bien des déconvenues, à commencer par l'éradication de ma charge de Grand "petit veneur".
Enfin, en l'état bien avancé de mon parcours terrestre, je ne crains plus qu'une chose c'est que l'on m'obligeasse d'etre accompagné par mes meutes, dans mon grand périple jusqu'au péristyle des Enfers ! Cette simple idée va jusqu'à laisser couler dans mes veines une grande froideur torpide apte à provoquer toutes les fièvres purpurales.
Vous me voyez tellement marri d'apprendre que sa Sainteté Monsieur le Régent repoussa vos avances à augmenter considérablement votre Grandeur. Il est vrai qu'il craint tellement pour la sienne qu'il ne saurait tolérer que l'on porta le moindre ombrage susceptible d'affadir, ne serait-ce qu'une petite parcelle de son visage altier.
Je vous aurais pourtant bien vu en Grand Maître des Cérémonies, portant très haut la renommée de cette Maison Courtoise, aujourd'hui si menacée par tant d'afféteries, de rodomontades et d'embastillements. C'est que là-bas, on en est pas à un coup de Jarnac près !
Quant au cercle de ces dames de haute vertu, je suis pris de tremblements à l'écho de votre récit, selon lequel il n'y aurait pas une mais deux demi-sorcières, ce qui fait beaucoup pour envoûter le "Génie des Carpettes", comme vous le dites si bien ! Mais que sa Seigneurie veuille bien prendre en considération la misérable condition de votre serviteur pour lui narrer plus avant les détails de cet imbroglio qui provoque en lui des étourdissements rien qu'à l'idée de devoir dénouer ce fil d'Ariane pour arriver jusqu'à la lumière qui tue toutes les ombres et qui, si souvent elle est source de vie, peut parfois vous brûler jusqu'à noircir la couleur de votre peau et vous obliger de ce fait à passer pour un nègre à la cour des Grands, tout pomponnés eux de farine bien blanche ! C'est la raison pour laquelle je ne sors point mes chiens par jour de grand soleil et qu'ils en profitent alors, les mécréants, pour se la couler douce sur les parquets encore frais de leurs dépendances.
Enfin je ne veux trop point me mêler à des histoires de harpies, sachant d'expériences qu'il y a trop à perdre à lancer de telles créatures sur la piste du loup blanc, qu'elles n'auront de cesse de courre jusqu'à l'hallali debout.
Bientot ce sera l'heure du grand nettoyage des chenils, aussi me vois-je dans l'obligation de vous délaisser, à mon plus grand regret tellement nos échanges me semblent dignes des meilleurs des récits de ce bon Monsieur de Pourceaugnac, Marquis de Fou de Races.
Au plaisir de vous revoir Monseigneur afin de baiser cette main qui me terrasse régulièrement à ce jeu fou et tellement moderne du tric-trac (et que mon épouse, dans son éducation très terrienne) s'acharne à qualifier de tic-tac.
Mes civilités et autres suavissimes sentiments de respect à l'égard de votre Grandeur
Robert de Label Lauvray, toujours veneur en son état
veneur- Régulier
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Date d'inscription: 16/01/2007
Re: Dépêche : Soirée du 23
Ainsi , vous vous disputâtes inutilement , car j'ai vu ou compris , de votre part , une fausse querelle entre vous , bien que le sujet de ladite disputation ( ou entretien ) acérée mais ô combien riche d'enseignement , aurait pu ou pourrait faire état d'une affinité ô combien plus grande et haute entre vous ???
Me trompé-je ???
Vous fîtes états des Choses si terribles et si lourdes , nous donnant ainsi les clés , pour celui qui est connaissant de ces choses , et pour peu , que l'on fît un effort pour les comprendre et y aller aux nouvelles , les faits développés d'un côté et d'autre ( Robert de Label Lauvray, toujours veneur en son état et Seigneurie Monseigneur le Grand Duc ) ne se contredisent point et sont d'une Haute importance pour la Connaissance de l'Âme Humaine .
Mais , la Conscience qui vous incitait à dévoiler ou à divulguer de tels faits assurément publics et donc certifiés et vérifiés , vous a semblé limitée ou plutôt partielle et donc peut-être partiale , dans la façon d'y exposer et d'y relater de telles choses , d'où cette fausse disputation .
Auriez-vous raison ? Auriez-vous tort ? Il est donc à la Conscience et à l'Esprit d'en décider .
Mon Âme a peut-être vu la Sincérité et l'Humilité en vos propos , car ces Grâces sont très importantes , dans notre Ordre Janséniste et il faut bien comprendre que la Passion voire l'Orgueil ( ou UBRIS ) sont toujours latents , quant à l'Âme humaine et il faut veiller à ne point exacerber ces penchants ou ces inclinaisons vers le Mal .
Les faits dont vous relatez l'existence traduisent donc ce désarroi de l'Âme Humaine recherchant Pouvoir et Puissance , Orgueil , Plaisirs et Mondanités UNIQUEMENT dans le but de se détourner de soi et de ne point étudier les Fins Dernières servant à la Recherche Humble et Sincère du Salut . Car Misère de l'Homme sans Dieu , Gloire de l'Homme avec Dieu . Car , se détourner de soi n'est sûrement pas , mais pas du tout compatible avec l'Election Véritable .
Pauvres fous , les querelles , les Folies et les Crimes de ce monde sont encore présents et l'Ombre étend donc son influence , car tout ce qui a été vert et bon dans ce monde , disparaîtra dans les Flammes .
Oui , mes amis , la Mort est un autre chemin que l'on doit tous prendre, et quand le Rideau grisâtre de pluie de ce monde se déchirera , alors on les verra , les contrées Blanches et Eternelles , recouvertes d'une Verdoyante Végétation et irradiée par un furtif lever de soleil , et ce , pendant toute sa Course , jusqu'au Crépuscule .
Me trompé-je ???
Vous fîtes états des Choses si terribles et si lourdes , nous donnant ainsi les clés , pour celui qui est connaissant de ces choses , et pour peu , que l'on fît un effort pour les comprendre et y aller aux nouvelles , les faits développés d'un côté et d'autre ( Robert de Label Lauvray, toujours veneur en son état et Seigneurie Monseigneur le Grand Duc ) ne se contredisent point et sont d'une Haute importance pour la Connaissance de l'Âme Humaine .
Mais , la Conscience qui vous incitait à dévoiler ou à divulguer de tels faits assurément publics et donc certifiés et vérifiés , vous a semblé limitée ou plutôt partielle et donc peut-être partiale , dans la façon d'y exposer et d'y relater de telles choses , d'où cette fausse disputation .
Auriez-vous raison ? Auriez-vous tort ? Il est donc à la Conscience et à l'Esprit d'en décider .
Mon Âme a peut-être vu la Sincérité et l'Humilité en vos propos , car ces Grâces sont très importantes , dans notre Ordre Janséniste et il faut bien comprendre que la Passion voire l'Orgueil ( ou UBRIS ) sont toujours latents , quant à l'Âme humaine et il faut veiller à ne point exacerber ces penchants ou ces inclinaisons vers le Mal .
Les faits dont vous relatez l'existence traduisent donc ce désarroi de l'Âme Humaine recherchant Pouvoir et Puissance , Orgueil , Plaisirs et Mondanités UNIQUEMENT dans le but de se détourner de soi et de ne point étudier les Fins Dernières servant à la Recherche Humble et Sincère du Salut . Car Misère de l'Homme sans Dieu , Gloire de l'Homme avec Dieu . Car , se détourner de soi n'est sûrement pas , mais pas du tout compatible avec l'Election Véritable .
Pauvres fous , les querelles , les Folies et les Crimes de ce monde sont encore présents et l'Ombre étend donc son influence , car tout ce qui a été vert et bon dans ce monde , disparaîtra dans les Flammes .
Oui , mes amis , la Mort est un autre chemin que l'on doit tous prendre, et quand le Rideau grisâtre de pluie de ce monde se déchirera , alors on les verra , les contrées Blanches et Eternelles , recouvertes d'une Verdoyante Végétation et irradiée par un furtif lever de soleil , et ce , pendant toute sa Course , jusqu'au Crépuscule .

BRUGIER PHILIPPE-ARNAUD- Régulier
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