Ayn Rand et la création de la bulle immobilière

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Re: Ayn Rand et la création de la bulle immobilière

Message par Sparte le Lun 31 Déc 2007, 11:14

Dans son livre LE TEMPS DES TURBULENCES – J.C. LATTES sept-2007, ALAN GREENSPAN, outre qu’il explique ses références randiennes, (c'est une joie de constater qu’une telle éminence a ces bases philosophiques relativement à la liberté et à la propriété individuelles, et qu’il a pu grâce ou en dépit de cela, accéder à un tel poste !) A. G. montre combien il observait avec vigilance le marché immobilier, son financement, et... les prêts accordés aux investisseurs les moins solvables (sub-prime mortgage). Au final on comprend, également, que ces investisseurs financièrement fragiles (réalité objective) sont - toute proportion gardée entre un "pauvre" nord-américain et un "pauvre" français - dénommés ici «catégories défavorisées» (concept idéologique). Aux EUA ils ont la possibilité d’acquérir en pleine propriété une maison individuelle, alors qu’en France elles sont contraintes de louer des appartements dans des immeubles locatifs soviétoïdes, le plus souvent construits dans des zônes administratives et administrées en tant que tel ( ZUP, ZAC, etc.). Ce qui fait TOUTE la différence entre un pays de liberté et de propriété, et un pays de non-liberté et où l'atteinte à la propriété est quasi-constitutionnelle.
La différence entre un yacht d'excellence et un navire naufragé.

Voici un extrait choisi, court afin de ne pas assommer le lecteur :

""" p.301 : Bulle ou écume, la fête se termina fin 2005, lorsque les prix devinrent hors de portée de nouveaux acquéreurs de logement. Les prix élevés obligent à contracter des prêts plus importants dont le remboursement mobilise une part trop lourde du revenu mensuel. Les beaux jours où les acquéreurs faisaient de la surenchère pour emporter le morceau étaient révolus. Les prix demandés par les vendeurs tenaient bon, mais les acquéreurs s’abstenaient de surenchérir. Le volume des ventes chuta en conséquence dans le neuf comme dans l‘ancien. Le boom était fini.
Il avait participé d’une tendance historique internationale. En réaction au déclin général des taux d’intérêt à long terme, le prix de l’immobilier avait monté en flèche dans le monde entier – de la Grande Bretagne à l’Australie en passant par les Pays Bas et la Chine. The Economist, qui suit l’évolution des prix de l’immobilier dans 20 pays, a estimé qu’entre 2000 et 2005, la valeur du marché de l’immobilier résidentiel dans les pays développés est passée de 40.000 milliards de dollars à plus de 70.000. La part la plus importante de cette augmentation est le fait des maisons unifamiliales aux Etats-Unis. Mais ce qui s’est passé dans d’autres pays était évocateur, car ce boom y avait commencé – et s’était achevé – un an ou deux avant le nôtre en Australie et en Grande Bretagne, la demande a commencé à ralentir en 2004 pour les mêmes raisons qu’ici : les candidats à une première acquisition étaient mis hors course par les prix trop élevés et les investisseurs spéculateurs se retiraient. Remarque importante : lorsque le boum avait pris fin dans ces pays, les prix s’étaient maintenus, ou n’avaient baissé que légèrement, mais ils se sont effondrés nulle part au moment où j’écris ces lignes.
"""
respect
A suivre si vous voulez bien ;

Bibi-les bobards qui soulignait à juste titre : « Et puis, les maisons achetées avec l'argent en question sont toujours là, non ? » révisera certainement son propos : « J'imagine bien que, par contrecoup, le marché immobilier va baisser », à la lumière de A.G. Wink

Aux EUA, le système financier a donc permis au peuple de participer au boum mondial, alors qu'en France la captation de l'épargne (CDC, assurance- vie,... ) par les hommes de l'Etat lui a interdit de participer à un essor de la construction immobilière, ... essor qui n'a pu avoir lieu, cqfd.
(A propos de la "relance de la construction" il sera intéressant de voir comment les hommes de la commission ATTALI nous interpréteront de travers les propos d'expérience de Alan GREENSPAN) ;

Merci à Georges LANE de nous donner si bien le goût de lire A. Greenspan:
http://blog.georgeslane.fr/post/2005/08/28/32-qui-est-alan-greenspan app

vivefl


Dernière édition par le Lun 31 Déc 2007, 14:19, édité 1 fois

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Re: Ayn Rand et la création de la bulle immobilière

Message par Rantanplan le Lun 31 Déc 2007, 12:09

Il est assez cocasse de voir Patrick Artus, qui parlait il n'y a pas si longtemps d'"inflation par les coûts", donner à Alan Greenspan des leçons sur l'"inflation des actifs", notion que les économistes autrichiens étudient depuis 80 ans, et que les autres ont découverte dans les années 80.
Il est bien évident que Greenspan connaissait tout cela alors que Patrick Artus n'avait encore jamais entendu parler de Keynes, et plus encore puisque Patrick Artus semble encore croire aujourd'hui qu'une banque centrale pourrait faire une "bonne" politique monétaire alors que Greenspan savait déjà à l'époque que ce n'est pas possible.

Tout-au plus vaut-il mieux placer à sa tête quelqu'un qui sait pourquoi l'institution est intrinsèquement nuisible, et qui sait notamment à quel point elle peut fausser les prix dans la structure productive. Sa politique n'en sera pas bonne pour autant, puisque les institutions qui lui permettent d'exister détruisent en même temps l'information qui lui permettrait d'être adaptée, mais pour ce que cela vaut, il est quand même préférable, pour faire ce n'importe quoi-là, d'avoir quelqu'un qui sait qu'il fait n'importe quoi, et pourquoi il le fait.

Il reste que, dans toutes ces discussions, on n'a pas la preuve formelle que, dans un monde financier assez réglementé, les règlementations et garanties, implicites et explicites n'expliquent pas que certains gestionnaires aient pu sciemment prendre des risques excessifs.
Est-on bien sûr que tous ceux qui se sont trompés ont subi toutes les conséquences de leurs erreurs ?
N'a-t-on pas vu toutes sortes d'interventions étatiques pour atténuer les pertes alors prévisibles, qui donnent a posteriori raison à au moins une partie de ceux qui ont pris ces risques — de même qu'à ceux qui s'attendent à ce que cette anomalie se reproduise à l'avenir ?

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Re: Ayn Rand et la création de la bulle immobilière

Message par georges lane le Ven 04 Jan 2008, 14:03

Rantanplan écrit :
Il reste que, dans toutes ces discussions, on n'a pas la preuve formelle que, dans un monde financier assez réglementé, les règlementations et garanties, implicites et explicites n'expliquent pas que certains gestionnaires aient pu sciemment prendre des risques excessifs.

Etant donnée l'action qu'il a choisi de mener, le gestionnaire se forme avec incertitude une espérance morale globale de gain - ou, si on préfère le mot, de profit - qui, bien évidemment, n'exclut pas des espérances morales de perte.
Par métonymie, on dit que le gestionnaire prend sciemment un risque global de gain qui recouvre des risques de perte. Very Happy

Ces risques de perte peuvent-ils être estimés excessifs ?
Une telle estimation est héroïque. Shocked
Dès lors que le gestionnaire a conclu des contrats financiers librement, on peut dire qu'il n'y a rien d'excessif.
On peut aussi le dire à l'information de la perte maximale à quoi s'attend notre gestionnaire et qu'il aura la capacité de "liquider" si elle se réalise.

Mais comme tout un chacun, notre gestionnaire ignore en partie la réalité et rien n'exclut que l'attente de la perte maximale qu'il s'est formée "en bon père de famille" se révélera largement inférieure à sa réalisation. Faudra-t-il estimer alors, i.e. ex post , que le risque de perte était excessif, i.e. que la perte maximale attendue était insuffisante ? Difficile de le soutenir. Rolling Eyes


Rantanplan écrit encore :
Est-on bien sûr que tous ceux qui se sont trompés ont subi toutes les conséquences de leurs erreurs ?

On peut le penser étant donnée une distinction chère aux juristes.
Depuis longtemps, les juristes distinguent en effet la perte pécuniaire et la perte non pécuniaire (pretium doloris).
Et depuis une vingtaine d'années, les économistes ont les outils d'analyse économique pour rationaliser la distinction.
La perte pécuniaire supportée par le gestionnaire qui s'est trompé paraîtra dérisoire à certains, mais ceux-ci oublient ou écartent la perte non pécuniaire qu'il supporte car eux ignorent ce qu'elle peut être : l'observateur n'est pas le payeur. Le gestionnaire qui se suicide quand il se rend compte de ses erreurs le fait soit à cause de la perte pécuniaire, soit à cause de la perte non pécuniaire, soit à cause des deux… Et il n'est pas aisé de déméler les fils en quelques mots. Je renvoie à l'analyse économique digne de ce nom.

De même qu'il n'y a pas de profit certain, clinbleu
de même qu'il n'y a pas d'enrichissement sans cause, clinbleu
de même que le politique qui dit qu'il ne s'est pas enrichi à cause des fausses factures qu'il a rapportées à son parti et dont celui-ci vit – et le fait vivre - ment effrontément, clinbleu
de même, il n'y a pas de perte sans pertes pécuniaire et non pécuniaire.

Mais on "peut" aussi ne pas le penser.


Rantanplan conclut :
N'a-t-on pas vu toutes sortes d'interventions étatiques pour atténuer les pertes alors prévisibles, qui donnent a posteriori raison à au moins une partie de ceux qui ont pris ces risques — de même qu'à ceux qui s'attendent à ce que cette anomalie se reproduise à l'avenir ?

Oui. Mais nous sommes chaque fois dans un monde de réglementations qui ont été prises à l'initiative de ceux qui bénéficient de leur application – par exemple dans les deux scenarii dits -.

Et nous savons que, pour perdurer, ce monde - qui est d'abord un monde d'êtres humains - doit disposer d'un capital - en propriété des êtres humains -, ne serait-ce que pour éponger les pertes.
A supposer que ce capital existe à un instant t, il ne croîtra ni n'embellira, mais s'évaporera, détruit par les effets de l'action des réglementeurs sur les propriétaires de capital.

Ce monde - d'êtres humains et de réglementations - est en vérité lui-même le comble de l'anomalie qu'évoque Rantanplan, il ne saurait se reproduire une fois anéanti le capital ou seulement après reconstitution d'icelui. Ce qui laisse du champ…
Une chose est certaine : ceux qui s'attendent à ce qu'il perdure font leur propre malheur. noyé


vivefl

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