Que penser de l'économiste Jean Tirole?
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Re: Que penser de l'économiste Jean Tirole?
Il y a "évanouissement" ou "anéantissement" - pour ne pas écrire "destruction" - de la responsabilité individuelle, la seule qui existe dans la réalité car seul un individu possède une raison et car ne saurait exister une raison collective.
C'est l'illusion à laquelle s'accrochaient les Juppé et consorts en matière de Sécurité sociale
que de croire que la "régulation par l'état" pourrait mettre de la "discipline " là où la "gestion paritaire" a bien entendu toujours échoué à "réguler" quoi que ce soit
. Bien entendu, une "décision publique" ne peut jamais être responsable, puisque c'est sa définition que de pouvoir forcer les autres
à en subir les conséquences à la place du décideur
.C'est pourquoi il ne peut pas y avoir de "régulation par l'état" , mais seulement un désordre imposé par les hommes de l'état.
C'est entre autres un des sophismes majeurs
des "théoriciens de la régulation" que de faire comme s'il était indifférent que le "régulateur" soit effectivement responsable ou pas c'est-à-dire subisse ou non les conséquences de ses actes : encore une fois les "économistes" mathématiciens ne tiennent aucun compte les droits de propriété dont ils avaient pourtant postulé l'existence au départ de leurs modèles
. Chez eux, le Droit de propriété est l'exemple suprême du concept volé
Le jour où les "économistes" mathématiciens se décideront à mettre en forme la spoliation légale, on pourra prendre des paris pour savoir s'ils découvrent ou non la Loi de Bitur-Camember.on pourrait construire un modèle topologique, géométrique ou autre - par opposition à modèle non topologique - qui ferait passer du contrat convenu entre personnes responsables au néant chapeauté par l'irresponsablité du législateur
Comme ça implique de transformer les Droits de propriété en variables aléatoires (d'incertitude "déterministe" parce qu'ils ne savent pas faire autrement), je parie qu'ils seront tellement fiers d'avoir introduit cette complication supplémentaire qu'ils passeront à côté de l'équilibre final en matière de redistribution et peut-être même des coûts de recherche du butin
.Dernière édition par le Mer 26 Sep 2007, 18:46, édité 7 fois
Quand est-ce qu'on mange à l'Officine, chez les gangsters ?
Re: Que penser de l'économiste Jean Tirole?
Rantanplan a écrit :
Pour que les économistes mathématiciens mettent en forme mathématique la spoliation légale, il faudrait qu'ils soient d'abord sensibles aux règles de droit, i.e., en fait, aux effets de celles-ci sur les conditions de décisions des êtres humains.
Hayek, entre autres, a montré que les règles de droit contribuaient à réduire l'ignorance spécifique de chaque être humain, non pas l'incertitude déterministe à quoi s'attachent les mathématiciens.
L'incertitude déterministe ne saurait être réduite par des règles de droit tandis que l'ignorance l'est non pas à un niveau donné mais un "espace" donné qui exclut toute mesure.
La spoliation témoigne à la fois de l'ignorance réduite mais pas nulle, loin de là, mais encore que les règles de droit "ne s'autoprotègent pas", que leur application n'a pas nécessairement l'effet protecteur qu'on leur prête puisqu'en particulier, elles peuvent ne pas être respectées.

Le jour où les "économistes" mathématiciens se décideront à mettre en forme la spoliation légale, on pourra prendre des paris pour savoir s'ils découvrent ou non la Loi de Bitur-Camember.
Pour que les économistes mathématiciens mettent en forme mathématique la spoliation légale, il faudrait qu'ils soient d'abord sensibles aux règles de droit, i.e., en fait, aux effets de celles-ci sur les conditions de décisions des êtres humains.
Hayek, entre autres, a montré que les règles de droit contribuaient à réduire l'ignorance spécifique de chaque être humain, non pas l'incertitude déterministe à quoi s'attachent les mathématiciens.
L'incertitude déterministe ne saurait être réduite par des règles de droit tandis que l'ignorance l'est non pas à un niveau donné mais un "espace" donné qui exclut toute mesure.
La spoliation témoigne à la fois de l'ignorance réduite mais pas nulle, loin de là, mais encore que les règles de droit "ne s'autoprotègent pas", que leur application n'a pas nécessairement l'effet protecteur qu'on leur prête puisqu'en particulier, elles peuvent ne pas être respectées.

Dernière édition par le Mer 26 Sep 2007, 20:18, édité 1 fois
Re: Que penser de l'économiste Jean Tirole?
Rantanplan a écrit :
A ce propos de la régulation par les hommes de l'Etat, je renverrai à la thèse de François Guillaumat. La thèse soulève, en particulier, deux questions de méthode :
Question 1 : Peut-on étudier scientifiquement les conséquences ou résultats de la pensée et de l'action des hommes à partir de postulats qui excluent cette pensée et cette action ? François Guillaumat montre que c'est précisément la prétention de l'approche conventionnelle des structures industrielles. Suivant en cela Ludwig von Mises (1960 ou 1961, entre autres), François Guillaumat répond, lui, par la négative et il explique sa réponse en démontant et critiquant l'approche conventionnelle et la réponse affirmative qu'elle donne.
Question 2 : Peut-on réfuter des conclusions de l'économie politique (en particulier l'économie industrielle) à partir de "valeurs", de "normes éthiques", de "jugements de valeur" (pp.204 et suivantes) ? Comme le rappelle François Guillaumat c'est ce que Ludwig von Mises refuse de faire. En d'autres termes, Mises répond par la négative à cette seconde question; il considère qu'il faut seulement faire un raisonnement discursif, si on n'est pas d'accord. Toute autre approche est arbitraire et relève d'"émotions subjectives". Suivant en cela Polanyi, Rothbard, Ayn Rand, de Jasay et Hoppe (entre autres) et faisant une remarquable synthèse de leurs positions, François Guillaumat répond par l'affirmative à cette seconde question. Il explique sa réponse et il réduit à néant l'économie industrielle: les jugements de valeur sont rationnels, les valeurs, les normes éthiques ne sont pas arbitraires (p.221), mais nécessaires à l'existence de la science, et nécessaires pour son sens. Parmi ces normes, il y a un parti pris politique déterminé et absolu, un principe de justice : celui de la propriété naturelle qui est la justice elle-même (p.222)
Il faut donc voir que non seulement la propriété naturelle contribue à réduire l'ignorance de l'être humain à un "espace", susceptible lui-même d'autres réductions, mais encore elle renferme la justice et est, à ce titre, moral.
Limiter la propriété à ce qui enveloppe une chose et à son titulaire - comme le fait l'économie mathématique dans le meilleur des cas - dénature ce qu'elle est.

"... une "décision publique" ne peut jamais être responsable, puisque c'est sa définition que de pouvoir forcer les autres à en subir les conséquences à la place du décideur .
C'est pourquoi il ne peut pas y avoir de "régulation par l'état" , mais seulement un désordre imposé par les hommes de l'état".
A ce propos de la régulation par les hommes de l'Etat, je renverrai à la thèse de François Guillaumat. La thèse soulève, en particulier, deux questions de méthode :
Question 1 : Peut-on étudier scientifiquement les conséquences ou résultats de la pensée et de l'action des hommes à partir de postulats qui excluent cette pensée et cette action ? François Guillaumat montre que c'est précisément la prétention de l'approche conventionnelle des structures industrielles. Suivant en cela Ludwig von Mises (1960 ou 1961, entre autres), François Guillaumat répond, lui, par la négative et il explique sa réponse en démontant et critiquant l'approche conventionnelle et la réponse affirmative qu'elle donne.
Question 2 : Peut-on réfuter des conclusions de l'économie politique (en particulier l'économie industrielle) à partir de "valeurs", de "normes éthiques", de "jugements de valeur" (pp.204 et suivantes) ? Comme le rappelle François Guillaumat c'est ce que Ludwig von Mises refuse de faire. En d'autres termes, Mises répond par la négative à cette seconde question; il considère qu'il faut seulement faire un raisonnement discursif, si on n'est pas d'accord. Toute autre approche est arbitraire et relève d'"émotions subjectives". Suivant en cela Polanyi, Rothbard, Ayn Rand, de Jasay et Hoppe (entre autres) et faisant une remarquable synthèse de leurs positions, François Guillaumat répond par l'affirmative à cette seconde question. Il explique sa réponse et il réduit à néant l'économie industrielle: les jugements de valeur sont rationnels, les valeurs, les normes éthiques ne sont pas arbitraires (p.221), mais nécessaires à l'existence de la science, et nécessaires pour son sens. Parmi ces normes, il y a un parti pris politique déterminé et absolu, un principe de justice : celui de la propriété naturelle qui est la justice elle-même (p.222)
Il faut donc voir que non seulement la propriété naturelle contribue à réduire l'ignorance de l'être humain à un "espace", susceptible lui-même d'autres réductions, mais encore elle renferme la justice et est, à ce titre, moral.
Limiter la propriété à ce qui enveloppe une chose et à son titulaire - comme le fait l'économie mathématique dans le meilleur des cas - dénature ce qu'elle est.

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